Ultimate Africa 2015 : Journal de bord

Capture d’écran 2016-01-02 à 11.41.19Ce voyage a commencé, en réalité, en octobre 2014. A la suite du séjour que nous avions passé entre l’Afrique du Sud et le Botswana et durant lequel nous avions rencontré un guide, un photographe, un homme hors du commun, Keith Connelly. Après ce premier voyage avec lui, il nous était alors paru comme une évidence que ce premier ne serait pas le dernier. Ses talents de photographes, ses compétences de guides, l’étendue de ses connaissances et ses qualités humaines…

C’est donc suite à ce voyage en 2014 que nous avions discuté l’idée de faire un long voyage à la découverte de plusieurs pays. Un projet qui s’est très rapidement mis en route et qui a nécessité une année entière de préparation et d’organisation. Choisir les pays d’intérêt, les réserves offrant le meilleur potentiel, les camps les plus adaptés et si possible hors des sentiers battus. Trouver un véhicule adapté aux pistes que nous allions rencontrer et qui conviendrait également à la photographie. Un travail de titan mené de main de maître par Keith et sa sœur, Angela Rogers, qui s’est occupée de toutes les réservations via son agence de voyage basée en Afrique du Sud, Four Seasons Travel. Il lui a fallu batailler ferme pour avoir accès à certains camps et lodges très prisés mais elle n’a jamais abandonné et sans elle tout cela n’aurait pas été possible.

1 octobre : Le grand départ

IMG_5995Arrivés à l’aéroport de Genève à 13 heures pour un vol initialement prévu à 15h25, tout se présentait pour le mieux, par une belle journée ensoleillée. Mais c’est finalement à 17h55 que nous avons quitté notre point de départ, le vol pour Londres ayant été reporté à maintes reprises. Notre temps de transfert à Londres qui était initialement de 3 heures ne fût finalement que de 25 minutes, alors que pour traverser le terminal 5 il en faut en général au moins 45. Bien que le personnel de bord se soit montré compréhensif, il ne se montrait guère optimiste quand au fait que nous puissions arriver à temps à la porte d’embarquement. D’autant plus qu’aucun moyen de débarquer de l’avion ne nous attendais à Londres et qu’une fois l’échelle installée on nous refusait encore de descendre de l’avion à cause d’une porte de terminal endommagée!

IMG_6017Autant dire que lorsque nous avons enfin pu quitter l’avion, il nous a fallu courir à travers l’aéroport avec presque 30 kilos de bagages à main. Descendre les escaliers en courant, attraper le train, monter les escaliers en courant, franchir la sécurité en demandant à tout le monde de nous laisser passer… pour finalement arriver au moment même ou l’embarquement fermait. A bout de souffle et transpirant, nos efforts n’ont pas été vains. Nous voilà installés dans l’Airbus A380, direction Johannesburg, un vol d’une durée approximative de 11 heures, en espérant que nos bagages ont été transférés. Ce qui est loin d’être garantis étant donné la durée de la correspondance.

2 octobre : Direction le Zimbabwe

Nous sommes bien arrivés à Johannesburg et nos bagages aussi, voilà une très bonne nouvelle. Keith nous attend juste après la douane, deux grands cafés à la main. Quel plaisir de le retrouver enfin, après une année de préparatifs ! Mais pas le temps de traîner, la journée sera longue. Il est temps de charger la voiture, un superbe 4×4 Toyota Hilux 3.0 et de prendre la route.

Johanes-Bulawayo Cette première étape doit nous permettre de rejoindre Bulawayo, au Zimbabwe, dans la soirée. Mais pour cela il nous faut d’abord entrer au Botswana (Martin’s Drift border) ce qui ne sera qu’une simple formalité. Puis après avoir traversé l’Est du Botswana, entrer au Zimbabwe (Plumtree), ce qui s’est avéré un vrai parcours du combattant! Aucune organisation, des inconnus qui tentent de se faire passer pour des employés des douanes et de nous faire remplir des formulaires plus ou moins douteux (probablement pour les renseigner sur le contenu du véhicule et de nos poches), des files d’attente à n’en plus finir. Payés visas, taxe routière, impôt automobile… Après 1h30 de démarches, nous passons enfin la douane. Cependant la route n’est pas terminée puisqu’il nous reste encore 120km à parcourir jusqu’à notre première étape. Après 900km de route en 12 heures et 32 heures de voyage non stop depuis Genève, nous arrivons enfin à Bulawayo pour une nuit de repos.

3 octobre : Direction le fleuve Zambèze

Bulawayo-ManaCe matin on se réveil à 6 heure, petit-déjeuner et en avant pour une nouvelle journée sur la route. Il reste encore près de 700km pour rejoindre le fleuve Zambèze et une nouvelle nuit étape, nous ne pouvons en effet pas rejoindre Mana Pools d’ici ce soir, la route est encore trop longue. Pas de perte de temps aux postes frontières aujourd’hui mais des conditions de circulation plus compliquées. Les contrôles de police sont ici très fréquents. Improvisés et  ne contrôlant la plupart du temps pas grand chose, si ce n’est de trouver un moyen de coller une contravention pour n’importe quel prétexte. IMG_6300Pour exemple ce policier qui nous a arrêté et qui, après avoir minutieusement inspecté le véhicule nous a demandé le poids des bagages déposés sur le siège arrière à côté de Katia. Keith lui a répondu que le poids devait approcher les 30 kg. Mais le policier, fort sympathique et tout sourire, nous a alors informé que la limite était de 10 kilos et que cela allait nous coûter 20$ (règle absolument inexistante évidemment). Keith lui expliqua alors qu’il se devait d’être un bon ambassadeur pour son pays et après une brève négociation, ramena la contravention à 5$. Keith nous expliqua sur la route que suite à la terrible inflation dont le pays a été victime il y a quelques années et à des choix politiques du président qui ont ruinés le pays, plus rien ne fonctionne vraiment. L’économie s’est écroulée, le chômage a explosé, l’agriculture réduite à néant dans ce pays qui était considéré comme le grenier de l’Afrique il y a une vingtaine d’années. Même les fonctionnaires ne perçoivent plus de salaire, raison de ces contrôles de police qui n’ont pour but que des aider à gagner leur vie.

IMG_6048La route se poursuit donc, ponctuée de contrôles de polices et autres postes de péages,jusqu’à ce que nous arrivions au bord de la vallée du Zambèze. Quelle vue panoramique incroyable ! Des Baobabs millénaires et une température qui monte progressivement alors que nous descendons dans la vallée et qui dépasse maintenant allègrement les 40°C. IMG_6051Le temps de passer faire le plein du véhicule dont l’autonomie n’a d’égal que la taille de son double réservoir et nous voilà arrivés, enfin, à notre seconde nuit étape. Un magnifique site de cinq jolies maisons au bord du fleuve Zambèze, offrant une vue panoramique imprenable. Nous avons enfin le sentiment que les vacances commencent après deux jours de route particulièrement longs.

IMG_6060Keith a, comme d’habitude, tout prévu. Une magnifique entrecôte de plus d’un kilo accompagnée d’un vin rouge sud africain et un Gin & Tonic pour l’apéritif. Quoi de mieux qu’un superbe BBQ pour terminer cette journée et se détendre ?! Alors que nous sommes à table, un hippopotame quitte le fleuve et passe a quelques mètres de nous, trop occupé à brouter l’herbe alentours pour s’inquiéter de notre présence. Les singes Vervet sont nombreux à s’amuser autour de la maison et un Genette vient se poser au pied de notre table… un animal nocturne rare et craintif, probablement habitué des lieux et à la recherche de quelques restes de repas.

4 octobre : Enfin Mana Pools

140 kilomètres… voilà ce qui nous sépare de notre position actuelle de Mana Pools. Après une nuit durant laquelle la température dans la chambre n’est probablement pas descendue sous les 35°C, je me réveille de bonheur. Probablement impatient d’en terminer avec la route et de rejoindre enfin notre premier camp. A 5h40, la lumière qui inonde la vallée du Zambèze est somptueuse et la température déjà de 20°C. Après un bon petit déjeuner, nous attaquons ce dernier segment, tous impatient d’arriver.

En partant on se dit que 140km ne nous prendront que 2 heures, tout au plus. Sauf qu’aujourd’hui nous attaquons la piste et que pour parcourir cette distance c’est encore 4 heures de voiture dont il faut s’affranchir, certains tronçons étant particulièrement délicats. En milieu de journée nous arrivons enfin à Mana Pools (signifiant « quatre piscines ») et ses magnifiques forêts d’Albidas. Quel paysage à couper le souffle !!! L’atmosphère est magique, indescriptible et à l’opposé de ce que nous avons toujours vu en Afrique. La faune est dense et avant même d’arriver au camp nous avons déjà observé une multitude d’éléphants et espèces d’antilopes. Le fleuve Zambèze est ici d’une largeur impressionnante alors même que nous sommes presque au cœur de la saison sèche.

_MG_7176-ModifierArrivés au ZLS (Zambezi Life Style), un petit camp mobile de 7 ou 8 tentes, nous sommes très chaleureusement accueillis. Et malgré l’isolement et la taille réduite du camp, le confort à disposition est tout à fait remarquable. Attention cependant, ici aucune clôture ne protège le camp.

A peine le temps de manger un morceau qu’il est temps de préparer le matériel, notre premier game drive arrive. Il est 15 heures et temps de partir découvrir cette réserve unique. La lumière devient rapidement très belle, filtrée par les feuilles et branches des arbres ici omniprésent. Et ce qui rend ce lieu encore plus exceptionnel c’est de pouvoir s’y déplacer à pied accompagné d’un guide bien entendu. La découverte de cette faune, hors du véhicule, offre des sensations et un plaisir décuplés. Se déplacer à pied requiert cependant plus de prudence et de discrétion, les animaux sont bien plus méfiant vis-à-vis des marcheurs que des véhicules.

Soudain arrive l’inespéré. A peine avons nous pénétré dans la forêt d’Albidas qu’une meute de 26 chiens sauvages est repérée. Car si nous sommes venus ici, c’est entre autre pour observer cette espèce que nous n’avons encore jamais vue. Le Lycaon est le carnivore le plus menacé d’Afrique australe, le second plus menacé de tout le continent après le loup d’Abyssinie. Nous les observons un long moment, c’est vraiment intéressant de les voir évoluer et d’observer leurs liens sociaux ainsi que le fonctionnement de la meute. Leur vie sociale est particulièrement organisée et héirarchisée.

Pour terminer cette magnifique après-midi, quoi de mieux qu’un apéritif au bord du fleuve Zambèze, suivi d’un feu de camps et d’un excellent repas ? A table, nous rejoignons un autre petit groupe avec qui nous partageons nos observations et c’est avec un plaisir non dissimulé que je rencontre Greg Dutoit, lauréat du BBC Wildlife photographer of the Year 2013, un excellent photographe dont j’apprécie particulièrement le travail. Peu avant le dessert, d’étranges bruissement dans les arbres autour de notre tente de repas se font entendre… aucun doute, nous sommes bien au milieu de la vie sauvage, et les éléphants à moins de 10 mètres de nous sont là pour nous le rappeler !

5 octobre : Sur les traces…

Ce matin, on se réveil à 5h30. Quelques minutes plus tard une magnifique boule de feu monte dans le ciel au-dessus de la forêt mais la lumière est incroyablement diffuse. Le voile atmosphérique présent au-dessus de la vallée,  dû aux très fortes chaleurs fait que, même s’il n’y a pas de nuages, la lumière est aussi tamisée que si le ciel était couvert !

Après un début de matinée ponctuée de quelques images et belles observations, nous prenons le café au bord du Zambèze, la vue est imprenable et le spectacle particulièrement reposant, tout est si calme. Nous sommes bien loin de l’agitation de certaines réserves où les touristes se bousculent.

De retour au camp en milieu de journée, nous prenons le temps de ranger un peu les affaires et de nous détendre. Après le repas, alors que je me promenais dans le camp, la nature m’a rappelé à l’ordre… même proche de la tente on reste exposé aux dangers de la vie sauvage, puisque aucune barrière ne sécurise le site. Et l’éléphant qui vient de m’adresser une charge d’intimidation me l’a vite fait comprendre. Comme avant de traverser la route, quand on sort de sa tente on regarde à gauche et à droite !

Durant le game drive de l’après-midi, alors que nous cherchions, sans trop de succès, quelques éléphants dans la forêt, nous retrouvons de manière assez inespérée, le groupe de chiens sauvages observés hier. Allongés sous un arbre nous tentons une approche à pied et quelque minutes plus tard, alors que la lumière rosée annonçait la fin de journée, la meute se mis en route. Encore un bon moment à les observer et prendre quelques photos. La journée se termine en douceur, au bord de Green Pool, en compagnie des oiseaux et autour d’un petit apéritif.

6 octobre : La marche

Ce matin nous avançons encore un peu le réveil, debout à 5 heures. L’idée est de partir pendant que le soleil est encore très bas. La plus belle partie de la forêt d’Albidas est un peu éloignée du camp et il nous faut la rejoindre avant que la belle lumière n’arrive.

ManaPools0303_061015Malheureusement nous échouons encore à trouver ce que nous cherchons exactement et la plus belle observation de la matinée est faite un peu trop tard pour réaliser de belles images. Cependant, même si la lumière est devenue plus blanche, la diffusion offerte par la végétation et la poussière ambiante créent un bel effet dont nous profitons pour quelques photos en compagnie d’une autre talentueuse photographe, Carole Deschuymere. Une grande photographe belge qui parcours cette réserve régulièrement, quand elle n’est pas ailleurs en Afrique.

Puis nous repartons sur les traces d’un groupe de lions, que nous essayons de pister à pied sous le regard vigilant de notre guide Richard, sans succès. Mais de retour à la voiture voilà que nous tombons nez à nez avec une magnifique femelle éléphant et son petit.ManaPools0507_061015 A pied il faut bien entendu redoubler de prudence et de discrétion car elle aurait vite fait de s’agacer de notre présence. Mais Richard nous indique calmement quel comportement adopter et tout se passe à merveille. Quelle belle rencontre, des instants vraiment privilégiés et des émotions difficilement descriptibles. 

En seconde partie de journée, afin d’augmenter nos chances de trouver les éléphants dans la forêt d’Albidas, nous décidons de faire le plein d’eau et de partir à 15h. Mais alors que ce matin la température était étonnement fraiche, cet après-midi c’est tout le contraire ! Il fait 42°C et un vent très chaud s’est levé.

Au bord de Green Pool, ils sont nombreux à se déplacer au milieu de la forêt, ce qui est de bonne augure. Mais il est encore tôt et la lumière vraiment difficile. Nous décidons donc de poursuivre sur une autre zone, et de revenir ici plus tard. Mais à notre retour vers 15h30, les éléphants sont tous partis. Richard nous propose de laisser le véhicule et de suivre leurs traces à pied.

ManaPools0813_061015Au pas de charge, avec quelques litres d’eau dans le dos et le matériel photo dans les mains, nous marchons près de 1h30 sous un soleil de plomb, sans succès. Mais alors que nous étions presque revenus à la voiture, déshydratés et exténués, voilà qu’un magnifique mâle se tenait sur notre chemin. La lumière de contre-jour était magnifique et le décor superbe. Méfiance cependant, l’éléphant ne semblait guère disposé à tolérer notre présence. Après un petit moment, son agacement se traduisit par une belle charge d’intimidation. Oui, Richard nous avait prévenu et avait été clair sur le comportement à adopter dans ces circonstances : Rester figé, se tenir debout et ne pas reculer. Voilà un très bon conseil, très facile à suivre dans la théorie. Mais impossible dans la pratique, puisque malgré nous, nos jambes nous ont poussé à nous mettre à l’abris, derrière un arbre mort situé juste derrière nous, heureusement. Richard, lui, est resté de marbre devant l’éléphant, quel sang froid impressionnant. Il n’en fallait pas plus pour lui faire comprendre que nous n’étions pas une menace pour lui et que nous avions compris qu’il souhaitait plus d’espace entre lui et nous.  Les émotions de la journée, cette belle décharge d’adrénaline, la marche, la chaleur et la déshydratation on eut raison de nous. Il est l’heure de reprendre des forces…un repas, une douche et au lit. 

7 octobre : Le jour des Lycaons

ManaPools0969_071015Ce matin nous sommes partis plus tôt encore afin de profiter au maximum du dernier game drive ici. Debout à 4h50 et départ à 5h20. La lumière est belle et nous trouvons plusieurs éléphants mais pas dans la forêt. Après quelques images et une belle observation, nous continuons à explorer la réserve. Nous retrouvons une fois encore le groupe de 26 chiens sauvages que nous avions déjà observé. Sans attendre nous laissons la voiture et les suivons à pied. Bien que très mobiles comme toujours, la meute semble plus calme et se déplace plus lentement. Un très bon moment qui aura aussi permis de réaliser quelques belles images de cette espèce et de les observer avec une réelle proximité. Puis de retour vers le camp nous trouvons encore un autre groupe composé de onze individus. Observer autant de lycaons en une seule matinée est vraiment quelque chose de particulier et nous profitons pleinement de ces opportunités.

IMG_6109C’est ainsi que se termine notre première étape. Après le petit déjeuner nous prenons la route de Kanga, un camp permanent, toujours situé à Mana Pools mais loin du Zambèze et de la forêt d’Albidas. Nous arrivons dans notre nouveau camp en début d’après-midi et prenons possession de notre nouvelle tente où nous resterons deux nuits. Un camp magnifique, une grande tente très confortable avec salle de bains en plein air. Un point d’eau fait face à la terrasse où nous prenons les repas et en cette saison sèche, les animaux qui viennent ici pour boire sont nombreux. Une des possibilités offertes ici est de venir s’installer sous la terrasse en bois pour observer l’activité de la faune proche de l’eau. Etant donné la densité de la végétation dans cette partie de la réserve nous choisissons de rester à ce point d’observation au lieu de partir en voiture, les observations dans de bonnes conditions seraient compliquées.

ManaPools1388_071015Lors de notre première session en fin de journée et en à peine quelques heures, nous avons observé éléphants, kudu, babouins, aigle pêcheur, buffles, mangoustes, lions et même un léopard sortis des buissons à la nuit tombée. Non seulement le camp est magnifique mais cette possibilité d’observer la faune offre une approche différente et intéressante. Après un repas extraordinaire une fois encore, une bonne nuit de repos nous attend.

 8 octobre 2015 : A l’affût

Ce matin nous avons mis le réveil à 4h50. Il est important d’aller s’installer au bord du point d’eau avant le levé du jour pour ne pas déranger la faune qui y vient aux premières lueurs. Les conditions d’observations sont assez similaires à celles d’un affût à la différence près que nous ne sommes pas cachés. La distance avec le point d’eau est d’à peine 20 mètres et toute la faune vient qui vient au point d’eau passe parfois à quelques mètres  à peine de nous. Les conditions d’observation et le fait d’être couché à même le sol offrent un point de vue vraiment unique.

Les heures défiles et les différentes espèces aussi. Bien installés au sol à observer et attendre les meilleures opportunités pour essayer de réaliser quelques belles images. En fin de journée, la lumière filtrée par les branches des arbres qui entourent le point d’eau devient vraiment belle et soudain, au passage d’un éléphant, un nuage de papillon se soulève du sol. La lumière est magnifique et permet la réalisation de quelques images inattendues.

ManaPools1670_081015Après cette dernière séance à Kanga, le responsable du camp nous annonce qu’en l’absence de lune, ils ont organisé ce soir une sortie nocturne pour aller observer les étoiles. Nous prenons la voiture quelques minutes puis arrivons sur un petit sentier que nous suivons à pied. Le chemin joliment est illuminé par des lanternes et nous mène à une clairière ou une surprise nous attend. Un barbecue géant et un somptueux repas ont été préparés sous les étoiles, au milieu de la vie sauvage. L’occasion aussi de déguster un met raffiné et local, des chenilles grillées… bon après tout, il faut bien vivre l’expérience jusqu’au bout alors nous avons décidé de goûter… finalement pas si mauvais, une saveur de poulet grillé.

A la fin de cette soirée mémorable cette soirée inoubliable, retour au camp. Demain nous partons pour les chutes Victoria et la route s’annonce particulièrement longue !

9 octobre : Une route sans fin

Mana-VicCe matin le réveil sonne à 4h50. Petit déjeuner rapide et chargement de la voiture. Des au revoir émouvants avec le personnel de ce camp où nous avons été accueillis et traités comme si nous étions en famille. Dans ce camp nous nous sommes sentis un peu comme à la maison, loin de la maison.

Nous voilà donc sur la piste qui nous mènera aux chutes Victoria pour une dernière nuit au Zimbabwe. Mais pour y arriver la route est longue et  très pénible. Plus de 700km dont la moitié sur une piste montagneuse dans un état qui en aurait découragé plus d’un dont certains tronçons vraiment très difficiles. Mais il en aurait fallu plus pour que Keith renonce. Et puis c’est aussi en suivant ce genre d’itinéraire, loin des sentiers balisés, que nous découvrons le vrai visage du Zimbabwe, celui que l’on ne montre pas aux touristes, celui d’un pays ruiné. Plus de 10h de piste avalées en presque une seule traite avec, pour seul arrêt, une petite pause sandwich à mi-parcours. Les talents de conducteurs de Keith ont été mis à rude épreuve aujourd’hui.

Arrivés aux chutes Victoria en début de soirée, nous aurions dû passer la nuit en camping dans la voiture mais après une journée aussi exigeante nous avons finalement opté pour un B&B afin de profiter d’un repos bien mérité. Nous en avons  trouvé un a proximité des chutes qui semblait idéal. Mais au final, la nuit a été pénible, même si elle aurait probablement été pire en camping. Plus de 35°C dans la chambre, un ventilateur qui ne brassait pas l’air et une humidité très importante. Avec moins de deux heures de sommeil cette nuit, les yeux ce matin sont comme le coffre de la voiture… chargés de grosses valises!

10 octobre : Les chutes Victoria

Brice's-FallsCe matin debout à 5h30. Non pas que la route qui nous attend soit longue, mais comment ne pas profiter d’une telle proximité avec les chutes Victoria pour s’y rendre au levé du jour ? Arrivés sur le premier point d’observation à 6h15, nous sommes seuls et le spectacle est vraiment grandiose ! Une vue imprenable s’offre à nous ! Le bruit dans lequel l’eau s’écrase au fond de la gorge est saisissant et la voile d’eau projeté en l’air capte les lueurs du soleil levant.  Nous avons passé près de deux heures sur le site qui s’étend tout le long de ces chutes d’eau gigantesques.

VicFalls-Kasane

Après le petit déjeuner, direction la rivière Chobe mais une nouvelle aventure nous attend avant de rallier notre prochaine étape… passer la frontière pour sortir du Zimbabwe et entrer au Botswana. L’agent des douanes nous explique, en quittant le pays, que nos visas ont expiré la veille et commence alors à nous faire un sermon, de nous expliquer qu’il est convaincu de notre tentative de fraude (alors que quelque soit la durée du visa, le prix est le même). IMG_6167Seulement voilà, une belle opportunité se présente à lui de montrer, aux blancs que nous sommes, qui est le chef et par la même de nous faire comprendre que cela nous coûtera cher. Il veut nous infliger 100$ par personnes et doubler la somme si les papiers de la voiture sont erronés de la même manière. Ce qui heureusement n’est pas le cas et qui prouve bien entendu que ce n’est pas nous qui avons commis une erreur mais la douanière qui nous a tamponné les passeports lors de notre entrée. Finalement après nous avoir immobilisé pendant près d’une heure à la frontière pour en référer à sa hiérarchie, il revint vers nous pour nous dire que son supérieur ne pouvait pas s’en occuper car il était au téléphone… et une fois de plus les talents de négociateurs de Keith nous ont sortis d’une situation qui semblait bien mal engagée.

IMG_6194Contrairement au Zimbabwe dont les démarches administratives ne semblent en aucun pouvoir se dérouler ni facilement, ni rapidement, l’entrée au Botswana se fit en trois minutes. Cependant pour prendre le zodiak qui nous emmenait à bord du Chobe Princess, nous avons d’abord dû nous rendre en Namibie (les frontières sont très proches les unes des autres). A peine arrivés au Botswana, que nous devions donc déjà le quitter pour entrer, moins d’une heure plus tard, en Namibie. Nous venions de franchir trois nouvelles frontières en moins de deux heures.

L’organisation pour le transfert sur le bateau est parfaite, et le Chobe Princess qui sera notre nouvelle maison pour les trois prochaines nuits est magnifique. La chambre est climatisée et dispose d’un un balcon privé ouvert sur la rivière et d’une vue panoramique. IMG_6201Le pont supérieur regroupe une belle salle de repas, une magnifique terrasse et l’open bar. Et point le plus important, c’est une petite structure, nous ne sommes que 7 passagers. Qui plus est pour les sorties en zodiac, Keith s’est arrangé pour que nous ayons notre embarcation privée avec tout le matériel nécessaire pour la photo : siège pivotant à 360 degrés, bras articulés et rotules Gimpro. Notre pilote, Cletius, semble très motivé et fort sympathique, tout se présente donc pour le mieux dès notre arrivée.

Chobe0024_101015-ModifierAprès le repas nous embarquons pour notre première sortie et le spectacle ne se fait pas attendre. Des éléphants qui traversent la rivière, hippopotames, crocodiles, aigles pêcheurs. Le cadre est magnifique et le spectacle tout autant. En fin de journée, alors que nous étions de retour vers le Chobe Princess, un léopard sorti du bush et se posa sur un vieil arbre mort juste au bord de l’eau. Quelle belle manière de terminer cette première sortie! Au programme de la soirée, un bel apéritif sur le pont supérieur et un excellent repas. Le confort de la chambre climatisée nous permis ensuite de récupérer de la fatigue accumulée sur la route ces derniers jours.

 11 octobre : Les lions de Chobe

IMG_6222Première sortie matinale sur la rivière Chobe, les rives sont plutôt calmes et la faune très dispersée. Cletius nous informe rapidement qu’en amont, un groupe de lions a tué un éléphanteau la veille au soir et qu’ils sont probablement encore proche de la carcasse qui est au bord de l’eau. Sans attendre, nous prenons la direction de ces lions que nous trouvons facilement après environ 20 minutes de navigation. La carcasse, du moins ce qu’il en reste, gît au bord de l’eau. Chobe0219_111015Arrivant en zodiac nous pouvons donc les approcher facilement sans les déranger pour autant. Plusieurs femelles, un mâle et quelques lionceaux. La lumière est magnifique, il est à peine 7h du matin. Voilà de quoi nous occuper pendant quelques heures. Pouvoir observer des lions depuis la rivière, en étant juste en-dessous d’eux, offre vraiment un point de vue parfait et nous sommes presque seuls !

Après la pause repas, pendant que Katia lit un roman, Keith me propose un petit cours Photoshop, histoire d’améliorer un peu mon approche du traitement photo ce qui ne peut assurément pas me faire de mal. La température avoisine 40°C mais le vent, bien que chaud, et le fait d’être sur la rivière, nous aident à supporter cette chaleur.

A 15h30 nous voilà couvert de protections solaires et prêts à repartir en zodiac. Par cette chaleur, les observations ne sont pas nombreuses. Au bout d’un petit moment, un énorme crocodile du Nil, gueule grande ouverte est repéré juste au bord de l’eau, sur un petit îlot. Chobe0421_111015L’approche en bateau fait de nouveau des merveilles et voir ces grandes dents à quelques mètres à peine est très impressionnant. En fin de journée les observations se précipitent. Des silhouettes de girafes se détachent au sommet d’une pente à contre-jour, sur un fond de ciel teinté de rose. Puis ce sont des éléphants qui traversent la rivière juste devant le zodiac. Il fait quasiment nuit, ils passent devant nous tels des fantômes dans une ambiance poussiéreuse. De retour à bord du Chobe Princess après cette belle journée, nous voilà en appétit pour un bon repas et une bonne nuit de repos.

12 octobre : Au pied des géants

Chobe0182_111015Départ en zodiac à 6h. Ce matin tout est à nouveau très calme. Quelques hippopotames et aigles pêcheurs sur un ciel rose-orange magnifique. Nous parcourons la rivière durant de longues heures mais la faune semble rester en retrait à l’intérieur des terres.

IMG_6205De retour à bord pour le petit-déjeuner et un peu de détente. Katia repend sa lecture dans le canapé du pont supérieur pendant que Keith partage avec moi quelques autres techniques qu’il utilise dans Photoshop. Vers 11 heures, deux groupes d’éléphants descendent de la berge pour venir boire et se rafraîchir au bord de la rivière. Cletius accepte gentiment de nous emmener, Katia et moi, en zodiac pour les voir de près. Nous pouvons admirer les comportements, et les interactions au sein du groupe, entre la matriarche et les éléphants plus jeunes. Un moment privilégié.

Chobe0713_121015A 16 heures nous repartons en zodiac pour la dernière sortie en soirée. Assez rapidement nous tombons sur un grand groupe d’éléphants qui se nourrissent de l’herbe au bord de la rivière en l’arrachant du sol avec leur trompe et à grands coups de patte. L’occasion de s’approcher assez prêt tout en étant dans le zodiac et juste au niveau de leurs pattes offre un très joli moment et un point de vue spectaculaire à quelques mètres à peine de nous. Puis nous décidons de retourner voir si les lions sont encore là ils sont déjà repartis. Il ne reste d’ailleurs plus rien de la carcasse si ce n’est quelques os. Coyotes, hyènes et vautours ont déjà fait le ménage.

13 octobre : Retour à terre

Il est 6 heures du matin, et l’heure de la dernière sortie en zodiac est arrivée… Le temps passe vite mais nous avons pleinement profité des 3 nuits passées à bord du Chobe Princess.

Au levé du jour, nous jouons avec quelques hippopotames et les reflets du soleil dans la rivière, puis pour terminer cette dernière sortie un peu plus courte, nous profitons de la présence de quelques aigles pêcheurs. Le zodiac nous ramène ensuite à bord du Chobe Princess 3 qui navigue déjà en direction de Kasane. Le temps de prendre un petit-déjeuner et de refermer les sacs, il est déjà l’heure de débarquer. Passer à la frontière avec la Namibie pour quitter le pays puis revenir à celle du Botswana ou nous entrons une nouvelle fois, le tout en moins de 15 minutes! De retour à terre, nous réalisons à quel point la température était agréable sur le bateau. Il fait 43°C ! Ce séjour et cette approche différente depuis la rivière nous ont vraiment permis de passer de bons moments et de découvrir ce milieu avec un point de vue différent.

Kasane-GwetaNous reprenons donc la route, une fois encore, en direction de la concession communautaire Khwai, dans la région du Delta de l’Okavango, à l’Est de la réserve Moremi.. Mais pour y arriver la route est assez longue. Nous faisons une nuit étape à Gweta dans un petit lodge, perdu au milieu d’un petit village, perdu au milieu de… nulle part. Nous passons donc la nuit dans une chambre au confort appréciable et ou les propriétaires (blancs) semblent plus préoccupés par le remplissage et la bonne tenue du bar que par autre chose. L’ambiance est plutôt festive, la musique et l’alcool aidant, mais étant donné la fatigue accumulée, nous ne tardons pas à aller nous coucher pour préserver nos forces et laissons les autres touristes à leurs occupations au bar.

14 octobre : Un léopard dans la nuit

Gweta-KhwaiDépart en douceur ce matin vers 8 heures pour rejoindre la concession Kwai, ce qui ne devrait prendre que quelques heures. Nous faisons un petit stop à Maun, étape obligatoire pour les touristes qui se rendent dans la région du Delta. Un magnifique coffee shop, une connexion wifi et l’occasion de rencontrer Shannon Benson, une autre super photographe et réalisatrice de films pour les complexes hôteliers qui parcours le monde. Après cette sympathique pause café accompagnée de quelques récits, nous reprenons la piste en direction du African Bush Camp de la concession Khwai où nous arrivons vers 14 heures. Le camp est magnifique, la tente spacieuse et confortable et la Boma pour les repas du soir promet de belles fins de journées autour du feu.

Nous faisons la connaissance de Partner qui sera notre guide et chauffeur avec Keith ici. Il a plus de 15 ans d’expérience et on le voit tout de suite. Bien que le camp soit complet, Keith a réussit à nous négocier un véhicule privé rien que pour nous, un Land Cruiser flambant neuf de surcroît, la grande classe !

Nous partons pour notre premier game drive ici vers 16 heures. Le ciel est complètement couvert, un orage semble approcher au loin. Mais la saison des pluies n’a pas encore commencé… les premières gouttes peuvent tomber aujourd’hui aussi bien que dans trois mois !

_A0R0440-ModifierTrès rapidement nous trouvons une jeune femelle léopard (environ deux ans) allongée dans les hautes herbes. Nous décidons de patienter jusqu’à ce qu’elle se mette en mouvement, ce qu’elle ne se fera finalement qu’à la nuit tombée. Mais peu importe. Nous sommes les seuls à avoir été suffisamment patient et nous sommes récompensés ! Sauf qu’au moment où elle décida finalement de se mettre en mouvement, nous étions en train de servir les Gin & Tonic que j’ai été obligé de boire cul sec pour pouvoir tenir le matériel photo! Nous l’avons suivie pendant une demi-heure environ avant de la laisser disparaître dans l’obscurité.  Que de belles émotions de suivre cette animal majestueux dans la nuit avec une telle proximité, des instants vraiment précieux !

De retour au camp vers 19h30, le temps d’un apéro au coin du feu et d’un excellent repas accompagné de discussions passionnées sur les safaris photo, le braconnage, la chasse bannie du Botswana depuis quelques années… Encore une très belle soirée !

15 octobre : Encore des léopards

Après une nuit un peu perturbée par de gros orages et de violentes pluies, les premières de la saison, nous partons pour notre première sortie matinale à 6h. Le ciel est très couvert et la lumière quasi inexistante. Pendant près d’une heure Partner suit les traces d’une femelle léopard qui a deux jeunes, âgés de sept à huit mois, mais après un long pistage nous perdons finalement sa trace.

Khwai0217_151015Vers 7h40 nous trouvons un jeune mâle. Nous l’observons un bon moment, c’est un tel plaisir. Puis nous le suivons alors qu’il se met en chasse d’un écureuil qu’il a tenté d’attraper au sommet d’un arbre mort. Mais l’écureuil sauta de l’arbre avant que les dernières branches ne cèdent sous le poids du jeune léopard. Il aura fallu toute l’agilité de ce dernier pour qu’il évite la chute à ce moment-là. Nous laissons finalement ce léopard à ses activités et reprenons le piste pour nous remettre à la recherche de lions vus la veille mais sans succès.

Nous trouvons par contre à notre surprise un nouveau léopard. La mère de la femelle vue la veille au soir. Elle est âgée de presque dix ans. A notre plus grand étonnement elle est assise (pas très confortablement) au sommet d’une grande termitière et nous gratifie de quelques gracieuses poses. Après ce beau moment, petite pause café dans le bush et retour au camp. Les nuages se sont dissipés et la température grimpe très vite, tout comme le taux d’humidité laissé par les pluies de la nuit dernière.

Vers 11 heures, sauvegarde des photos, repas et repos avant de repartir en piste à 16 heures. Cette coupure en milieu de journée fait du bien, le vent est très chaud, la température atteint 43°C. Au moment de reprendre la piste en seconde moitié d’après-midi, nous décidons de profiter qu’il semble y avoir plusieurs léopards dans le coin pour nous concentrer sur ce sujet.

Khwai0579_151015Nous en trouvons à nouveau un qui se repose dans les hautes herbes, le scénario de la veille semble se répéter. Mais l’espace est plus dégagé et les couleurs sont belles. Comme hier, c’est une fois le Gin & Tonic servis que le léopard se décida de se mettre en route et comme la veille, la descente de l’apéritif fut rapide! Sauf qu’aujourd’hui Partner s’oublia une peu sur la dose de Gin et après quelques minutes je me sentis soudains très créatif…

Rapidement, le léopard se mis en chasse d’un impala et pour ne pas influencer ou déranger la chasse qui se préparait, que ce soit pour la proie ou le prédateur, nous avons décidé de retourner au camp et de laisser la nature jouer son rôle d’arbitre. Juste avant d’arriver, nous avons découvert, à la lumière de la torche, un chat sauvage d’Afrique que nous n’avions encore jamais observé. Un magnifique repas dans la Boma et une bonne douche sous les étoiles avant d’aller se coucher, quoi de mieux pour terminer une si belle journée?

16 octobre : Une journée hors norme

_A0R1074-ModifierDépart ce matin à 5h50. Le ciel est clair, la pluie et le vent de la veille ont probablement fait un peu le ménage ce qui est une bonne chose pour le levé de soleil. Alors que nous partons traquer le léopard et le lion, nous traversons une petite plaine sablonneuse et poussiéreuse. Le soleil se lève à peine et un troupeau de zèbre se trouve face à nous en plein contre-jour. Khwai0720_161015Avec la poussière qu’ils soulèvent, aucun doute, nous allons avoir droit à un grand spectacle ! Partner ajuste la position de la voiture pour que le soleil soit bien dans l’axe des zèbres et nous voilà entrain de les admirer dans une lumière que nous n’avions encore jamais vue, c’est vraiment spectaculaire ! La lumière diffusée par la poussière et les couleurs sont indescriptibles ! Mais ce spectacle est aussi beau que furtif, moins de quinze minutes et le soleil est déjà trop haut! Nous repartons donc sur la trace de nos félins préférés mais sans trop de succès ce matin. Nous décidons donc de retourner au camp un peu plus tôt car sans les nuages de la veille, la lumière est devenue rapidement très dure.

Vers midi, il fait 42°C et le vent est nul. On se croirait dans un four, même à l’ombre et on ne compte plus les litres d’eau bu chaque jour. Nous profitons de la pause pour refaire un peu les bagages, l’histoire se répète. Demain, une nouvelle destination nous attend. 

_MG_0227-ModifierNous décidons de repartir en piste vers 15h30 en direction du nord de la concession que nous n’avons pas encore exploré, toujours à la recherche d’un léopard. Arrivés sur une magnifique zone au bord de la rivière Khwai nous trouvons un jeune mâle qui se repose sous un buisson. Mais contrairement à ce que nous avions observé les deux précédents jours, il se mis en mouvement au bout de quelques minutes à peine. Puis après avoir semblé chercher son chemin, il porta son attention sur la rivière qu’il franchit d’un seul bond, avec une telle grâce et facilité qu’il sembla presque s’envoler. Une fois encore un spectacle aussi rare que magnifique mais malheureusement sans photo exploitable (et de gros regrets). Nous avons passé l’après-midi à l’observer et le suivre à distance, comment ne pas admirer un si bel animal ?

En fin de journée, alors que la lumière se teintait d’or, il se remit en mouvement et se dirigea à nouveau vers la rivière. Keith comprit très vite qu’il allait probablement la franchir à nouveau et demanda à Partner de placer le véhicule avec des instructions bien précises, comme s’il savait à l’avance ou le léopard allait sauter. Et quelques minutes plus tard, le voilà qui franchissait à nouveau la rivière d’un magnifique bond que cette fois-ci je parvenais à photographier, heureusement._A0R1252-Modifier

Alors que la lumière devenait rasante, nous avons choisit de descendre un peu en aval le long cours d’eau. Son élargissement le transformant en petit bassin et un grand groupe d’éléphants avait choisit cet emplacement pour venir s’y baigner. Idéal pour stopper le véhicule et profiter de ce coucher de soleil pour les admirer, à quelques mètres seulement, en train de prendre leur bain. Et quoi de mieux pour profiter de ce moment qu’un bon Gin & Tonic? Les couleurs dans le ciel et les reflets dans l’eau prirent des teintes mauves et jaunes magnifiques, parfait pour quelques superbes images que je n’espérais plus de ces éléphants dans l’eau. Une scène surréaliste ! Du matin au soir, cette journée fût un carton plein, je n’en avais jamais vécu d’aussi intense. De retour au camp avec la chaire de poule et les yeux pétillants, une journée hors norme ! 

17 octobre : Journée de transition

Ce matin, départ à 5h40 pour le dernier game drive à Khwai. Nous tentons d’abord de refaire un passage dans la plaine sablonneuse de la veille mais malheureusement aucun animal ne s’y trouve. Nous décidons donc de retourner au Nord au bord de la rivière comme l’après-midi de la veille mais là aussi, tout est calme ce matin. En fait c’est un peu calme partout… Nous finissons tout de même par trouver quatre lionnes, couchées à l’ombre d’un buisson et dormant d’un œil. A 8 heures, de retour au camp, il est temps de charger la voiture et repartir vers de nouvelles aventures!

Khwai-GhanziA 9h45 nous quittons Khwai en direction de Ghanzi. Un peu moins de 6 heures de route pour rejoindre une nuit étape après un nouvel arrêt dans le magnifique coffee shop de Maun. Cette nuit est la première en vrai conditions de camping. Après un arrêt ravitaillement dans la ville de Ghanzi et l’arrivée au site de camping, c’est Keith qui prépara la tente qui se trouvait sur le toit du 4×4 (et qui offrait un confort bien suffisant pour une nuit). Puis, après la conduite et le montage du camp, il prit encore le temps de nous préparer un délicieux plat de pâtes bolognaise sur le brûleur à gaz, magnifique !

IMG_6363Bien que la tente était confortable, la nuit fut courte… ou longue. Nous fûmes réveillés à 2h du matin par un moustique qui eu le temps de nous piquer à plus de 10 reprises avant que je ne lui règle enfin son compte. Mais à peine débarrassé du premier qu’un second fit son apparition! Après une lutte sans merci l’envahisseur fût finalement repoussé… mais il était déjà près de 6 heures du matin, l’heure de se lever…

18 octobre : En route pour la Namibie

Ghanzi-WindhoekAprès ce combat acharné pendant la nuit, j’avais un peu la tête d’un zombie de « Walking Dead »… mais pas trop le temps d’y penser. Petit-déjeuner et rangement du campement, nous avons  repris la route vers 7h45. Direction la Namibie et ses paysages qui nous font déjà rêver ! On se réjouit d’y être mais il faut encore un peu de patience. Windhoek est à 520km de ntre position, soit environ 6 heures de route. Nous y ferons étape ce soir et ne rejoindrons Sesriem que demain.

IMG_6660Après être arrivés au B&B en périphérie de la capitale, nous avons pris un peu de temps pour nous reposer puis Keith nous proposa de profiter des spécialités de la région pour le repas du soir. La Namibie, tout comme le Botswana, sont deux très gros producteurs de viande bovine. Nous nous sommes donc rendu au Joey’s Beer House, célèbre restaurant de la capitale, pour le repas du soir. Décoration magnifique, ambiance symathique et un choix de viandes incroyables avec des pièces dont le poids allait de 200 grammes à 1.4 kilogrammes !

Katia se laissa tenter le filet de bœuf au poivre de 300gr. Keith et mois cédions à la temptation d’un rumpsteak de 500gr (chacun) ! Les assiettes étaient très bien servies et la viande particulièrement tendre, quel régal. Une excellente soirée offerte pas notre ami Keith pour célébrer (avec un peu d’avance) notre 15ème anniversaire de mariage. Après ce très bon moment à table, retour au B&B pour une bonne nuit de repos, sans interruption pour une fois !

19 octobre : La route des dunes

Windhoek-SesriemCa y est, le jour des dunes dont nous avons tant rêvé est enfin arrivé ! La piste entre Windhoek et Sesriem est magnifique, les paysages arides et les montagnes majestueuses. Sur notre itinéraire nous devons franchir le col de Spreetshoogte. Que d’émotions devant le panorama qui s’étale sous nos yeux au moment de le franchir! La vallée devant nous semble s’étendre jusqu’à l’horizon. Tout est d’une telle immensité que nous peinons à réaliser la grandeur du paysage qui s’offre à nous.

IMG_6406En route, nous faisons une courte pause pour manger un morceau dans un lieu insolite, nommé « Solitaire ». Arrêt touristique par définition on y trouve un mini shop, une station essence, un restaurant mais surtout, une incroyable… boulangerie! Après quelques photos souvenir, deux viennoiseries et un café, il était temps de reprendre la route. IMG_6396

Nous sommes arrivés au Dune Lodge (seul lodge à l’intérieur du parc national) vers 13 heures. C’est un endroit somptueux. De jolis chalets au toit de chaume et très spacieux, avec un grand balcon offrant une vue panoramique sur le désert. Un grand bar, une belle piscine au pied d’une colline rocailleuse. Le paradis, ni plus, ni moins. Et ce soir enfin, la célèbre dune « 50 ». En effet, ici les dunes portent des numéros pour les distinguer, et certaines sont particulièrement  connues et photographiées.

IMG_6416Nous prenons la direction des dunes vers 16 heures et à notre arrivée, le spectacle va bien au-delà de toutes nos espérances! C’est absolument gigantesque et le paysage nous laisse sans voix. Toutes ces dunes, aux teintes orange et pourpre, aux courbes sinueuses dessinées par le vent, se succèdent dans un paysage désertique de toute beauté. De loin comme de près, les couleurs de fin de journée aidant, le paysage s’enflamme. Ici le jour se termine plus tard que lorsque nous étions au Zimbabwe ou au Botswana, nous sommes en effet bien plus à l’Ouest que lors de notre première étape. Le soleil se couche presque à 19 heures, soit une heure plus tard.

IMG_6427Après quelques heures de contemplation, et une fois le soleil couché, nous retournons au lodge sous un ciel étoilé. Un repas léger et Keith qui choisira (malheureusement) le poisson, puis au lit. Demain nous voulons partir le plus tôt possible pour tenter quelques photos sous les étoiles, le réveil est programmé à 4 heures !

20 octobre : Les arbres  de Deadvlei

Ce matin nous partons donc à 4h30 et c’est bien là tout l’intérêt de séjourner dans ce lodge. Tous les autres étant à l’extérieur du parc national, il n’est pas possible d’y entrer avant l’ouverture. En partant du lodge si tôt, l’idée était d’arriver à Deadvlei de nuit pour quelques photos sous les étoiles. Mais le jour se leva plus vite que nous ne l’avions pensé et il comme faut presque une heure de voiture puis trente minutes de marche pour arriver à Deadvlei, nous n’y sommes arrivés que quelques minutes avant le levé du jour. Arrivés sur place, nos yeux restèrent, une fois encore, ébahis. Le site est spectaculaire et ces arbres morts au milieu de ce désert offrent un paysage aussi beau qu’improbable.

Deadvlei440_211015Cependant, tout ceci n’a pas été sans mal. Keith n’est  pas au mieux de sa forme, loin de là. Il a été victime d’une intoxication alimentaire suite au repas de la veille (le poisson) et a été malade toute la nuit. Avec la chaleur et la déshydratation ajoutés au manque de sommeil, il tient à peine debout. Mais il ne nous a rien dit ce matin parce qu’il voulait absolument nous emmener voir ce lieu magique sans gâcher notre plaisir.

De retour au lodge en fin de matinée, il nous annonça cependant qu’il ne pouvait plus mettre un pied devant l’autre et qu’il ne pourrait pas nous accompagner pour ressortir l’après-midi car il avait besoin de repos. Il m’expliqua donc comment fonctionnait le 4×4, afin que nous puissions nous y rendre par nos propres moyens.

A 15h15, nous décidons donc de retourner à Deadvlei pour admirer ce lieu avec la lumière de fin de journée. Mais après 55km de route, les cinq derniers kilomètres sont fait de sable et mes compétences de pilote dans ces conditions sont très limitées, bien plus que je ne l’imaginais en réalité. A peine un kilomètre de conduite dans les dunes et nous voilà ensablés. Il est à peine 16 heures et la température avoisine 45°C. Pas de numéro de téléphone, pas de réseau téléphonique et deux litres d’eau en réserve. J’ai bien entendu essayé d’utiliser toutes les différents modes de traction du véhicule pour nous sortir de ce mauvais pas mais je compris bien vite que cela ne servait à rien d’insister, le véhicule ne sortirait pas d’ici sans aide externe. Puisque personne ne passait, je me mis à genoux et commença à creuser le sable à mains nues devant chaque roue. Le sable était brûlant et la chaleur insoutenable en plein soleil. Aucun doute, je réalisa bien vite que les deux litres d’eau ne suffiraient pas et qu’il nous faudrait probablement beaucoup de patience pour nous sortir de ce mauvais pas.

De plus, je n’avais accès à aucun accessoire pour désensabler la voiture. Tout était sous clé et les cadenas grippés (ce que je n’avais bien entendu pas vérifié avant de partir). Les quelques pierres et branches que je trouvais aux alentours ne seraient d’aucune aide non plus. Au bout de 40 minutes environ, une première voiture, des touristes allemands apparemment expérimentés, s’arrêta pour nous proposer leur aide, puis une seconde et une troisième voiture s’arrêtèrent à leur tour. C’est tous ensemble que nous avons creuse, poussé, tiré et levé la voiture. Après 1h30 d’efforts d’une douzaine de personnes et un dégonflage aléatoire des pneus, la voiture pouvait enfin être tractée en marche arrière et sortie de sa mauvaise posture. Difficile d’exprimer notre gratitude en allemand à nos sauveurs du jour, je pense cependant que le soulagement se lisait facilement sur nos visages. Sossusvlei151_191015Etant donné l’heure et le fait qu’il restait encore quatre kilomètres de conduite dans le sable, plus un éventuel retour, nous avons renoncé rapidement à nous rendre à Deadvlei sans Keith. Nous avons donc repris la route des dunes et du lodge, plutôt déçus mais soulagés de finalement s’en être sortis sans casse et avec une histoire à raconter qui serait une anecdote plutôt drôle au bout du compte. Sur le chemin du retour, nous sommes repassés devant les dunes et la lumière était encore très belle. De plus, quelques springboks et oryx se trouvaient non loin de la route. Nous avons pouvons donc profiter d’un joli moment pour terminer la journée de manière détendue et récupérer un peu nos esprits.

De retour au lodge, je racontais donc notre aventure à Keith qui était désolé pour nous mais esquissait un petit sourire, il avait bien raison. Après tout il n’y a pas eu de casse et nous étions en bonne santé. Mais il tenait absolument à nous permettre de retourner une fois encore à Deadvlei le lendemain matin. Malgré une forte migraine, probablement due à son état et sa déshydratation, il décida donc de retourner à la voiture sur le champ, pour regonfler les pneus, afin que nous puissions repartir tôt demain matin. Il est 21 heures, et nous sommes épuisés par cette journée riche en émotions. Mais au moment d’aller se coucher, surtout soulagé que tout se soit si bien terminé.

21 octobre : 15 ans de mariage

Deadvlei280_211015Ce matin nous repartons pour Deadvlei. Après une bonne nuit de sommeil, départ à 4h45. Nous ne le savons pas encore mais cette journée nous réserve une belle succession de surprises. Après 45 minutes de route et 20 minutes de marche à la lueur des lampes frontales, nous voici de retour sur ce site incroyable où nous sommes, une fois de plus, absolument seuls à cette heure-ci. Personne ne nous rejoindra avant au moins une heure. Cela semble impensable que de disposer d’un lieu aussi magique rien que pour nous. Et ce matin, c’est un spectacle unique qui se déploie sous nos yeux. Un ciel incroyable et de magnifiques nuages teintés de rose planent au-dessus de Deadvlei. Un levé de soleil que peu de gens avant nous ont eu la chance d’admirer avec de telles conditions. Le ciel est d’ordinaire toujours très bleu et dépourvu de nuage. Nous profitons donc encore de ces instants privilégiés avant de retourner à la voiture vers 8 heures, une fois que tous les touristes arrivent.

Sesriem-NamibrandAprès le petit déjeuner et avoir remballé tout le matériel, direction la prochaine étape, le Greenfire Desert lodge de Namibrand. Keith nous parle depuis longtemps de ce site comme étant l’un de ses préféré, loin des hordes de touristes de surcroît. Alors évidemment nous nous réjouissons de le découvrir. Et pour ne rien gâcher de cette journée, Namibrand n’est qu’à deux heures de piste de Sesriem. A peine arrivés dans la concession, nous sommes ébahis par la beauté du paysage qui se révèle sous nos yeux: aride, désertique et entouré de montagnes. Un sable couleur ocre qui se mêle à des roches volcaniques noires. De nombreuses espèces d’herbivores parcourent cette réserve.

Keith avait raison, c’est un petit paradis! Un terrain de jeu de 2500km², un petit lodge de 6 chambres spacieuses, confortables et très peu connu. La terrasse devant le bâtiment offre une vue panoramique de toute beauté sur le désert qui nous entoure. La température elle, dépasse toujours allègrement les 40°C.

IMG_6464En fin d’après-midi, nous partons explorer notre terrain de jeu pour ces trois prochains jours à la recherche de quelques spots bien placés pour le soleil couchant. Mais bizarrement, alors que Keith connait les lieux, il semble ne rien trouver qui lui convienne… et après avoir tourné dans les dunes pendant un petit moment je comprends mieux pourquoi. Il a en fait préparé quelque chose dans notre dos, une surprise qui nous fera tous deux pleurer de bonheur !

Z89A2944Il a organisé un apéritif surprise au milieu des dunes pour nos 15 ans de mariage. Il s’est arrangé avec les managers du Greenfire Desert lodge pour faire dresser une table avec une nappe blanche, un superbe plateau d’amuses bouche et deux bouteilles de champagne bien au frais. Le soleil se couche sur ce paysage de rêve, les couleurs et le ciel sont d’une rare beauté. Ce que nous vivons ce soir, rien ne saurait le décrire, aucun mot ne pourrait le raconter, tout est si parfait… Pour couronner le tout, il a apporté le matériel photo nécessaire pour un petit shooting et nous permettre de conserver un magnifique souvenir de ces moments exceptionnels. Comment pourrons-nous un jour lui témoigner notre gratitude ?Z89A3030

La nuit tombée, nous retournons au lodge et la surprise continue. Pendant notre absence les responsables ont dressé une table pour le repas du soir devant notre chambre au lieu de la salle de restauration, sous les étoiles et en tête à tête. Viande de Kudu, frites et légumes accompagnés d’un excellent vin rouge… Nous ne pourrons jamais décrire les émotions vécues ce jour-là, ni même les raconter. Mais ce qui est certain c’est que nous ne pourrons jamais les oublier !

22 octobre : De sable et de lumière

IMG_6526Ce matin nous partons à 5 heures pour photographier le levé du soleil au milieu des dunes. La marche de nuit est agréable mais pas facile dans le sable,  le jour se lève rapidement sur ce paysage de rêve. Keith prend beaucoup de temps pour m’initier à de nouvelles techniques, pousser ma créativité et me sortir de ma zone de confort… pas facile d’avoir le sentiment de devoir tout réapprendre, je me sens perdu. Mais après tout c’est peut-être nécessaire de se remettre parfois en question si on veut aller de l’avant, et je suis aussi là pour ça !

Après cette belle sortie matinale, retour au lodge pour un bon petit-déjeuner sur la terrasse. L’ambiance ici est vraiment familiale et reposante, on se sent ici plus que n’importe ou ailleurs comme à la maison.

IMG_6544En attendant la sortie de fin de journée, nous profitons de ce cadre favorable au repos pour nous détendre, tout est si paisible. Et puis il nous faut reprendre des forces. Voilà trois semaines que nous sommes sur la route et le voyage n’est pas terminé. Keith a quelques idées qui pourraient bien nécessiter une bonne dose d’énergie, sans compter que la prochaine étape ne sera certainement pas aussi confortable. Katia profites donc de ce temps de repos pour dessiner, elle attendait de sortir pastels et feuilles de papier depuis longtemps, il faut dire que le paysage ici en vaut vraiment la peine.

En fin d’après-midi nous repartons sur la piste. Keith nous emmène d’abord en haut d’un col qu’il est allé repérer dans la journée. L’accès est sinueux et abrupte mais l’arrivée au sommet nous dévoile le paysage de toute la réserve. La vue est spectaculaire! Puis nous attaquons la descente sur l’autre versant; une piste rocailleuse dont l’inclinaison dépasse facilement les 60% ! La route est étroite et Keith mets à profits ses talents de conducteur (même s’il s’agit plus de pilotage que de conduite), de vraies sensations fortes !

IMG_6578Nous décidons ensuite de consacrer les photos du soir à un beau couché de soleil. Nous attaquons à pied une petite ascension sur la pente rocailleuse de la montagne qui fait face au lodge. A mi-hauteur se trouve un magnifique Quiver tree (Aloe dichotoma) qui sera du plus bel effet sur les photos. L’ascension n’est pas trop compliquée mais relativement délicate. Les pierres roulent et sont très instables. De plus, avec la température et le soleil la roche volcanique est brûlante, impossible d’y prendre appuis. Le sac photo est plutôt lourd avec le trépied et l’eau emporté. Mais après environ trente minutes de montée, nous arrivons vers ce bel arbre qui porte un énorme nid de Républicains sociables (Philetairus socius). Le couché de soleil, a été magnifique même si, malheureusement, tous les nuages se sont dissipés quelques dizaines de minutes trop tôt, la faute à un vent violent qui se leva en fin de journée. Mais qu’importe, la vue est si belle que rien ne pourrait gâcher ce moment.

De retour au lodge vers 20 heures pour le repas, Keith nous annonça aussi qu’il commençait à sentir l’accumulation de la fatigue et que, étant donné la longueur de la route qui nous attendait le surlendemain, il avait besoin de se reposer un peu et de dormir demain matin. Puisque les pistes ici sont très facilement praticables, nous décidons avec Katia que nous sortirons seuls le matin pour un petit game drive en tête-à-tête.

23 octobre : Les lumières de Namibrand

Ce matin, Katia et moi partons donc sans Keith à 5h30. L’idée est d’essayer de trouver des springboks ou oryx dans les premières lueurs du jour. Une tâche qui semblait pourtant simple au regard du nombre d’antilopes observées ici mais qui finalement, s’avéra plus compliquée que prévu. Car bien que nombreuses, elles sont aussi plus craintives étant donné que cette réserve est moins touristique. Elles fuient donc dès que nous tentons d’approcher, que ce soit en voiture ou à pied.

Namibrand585_231015Alors que je m‘étais éloigné du véhicule pour tenter d’approcher un groupe d’oryx, Katia me fit signe au loin que des Springboks se rapprochaient, de l’autre côté du véhicule. Je suis donc rapidement revenu jusqu’à la voiture avant de commencer à me déplacer le plus discrètement possible. La lumière était comme de l’or et ma patience allait finalement payer, tant avec un sprinbok au loin qu’avec un oryx un peu plus tard. Namibrand604_231015Il est à peine 7 heures du matin, les brumes de chaleur sont déjà visibles et la lumière devient rapidement beaucoup moins belle. Après ce joli mais bref moment, nous décidons donc de ne pas insister et de revenir au lodge pour le petit déjeuner. Aujourd’hui nous sommes seuls, tout est encore plus calme que la veille. Une journée durant nous décidons de nous accorder encore quelques heures de vraie détente. Katia reprend son dessin pendant que je trie un peu mes images déjà nombreuses !

Vers 17h nous repartons pour une dernière sortie à Namibrand. Un vent fort vient de se lever, une tempête de sable nous cache une partie des montagnes. Mais avec toute cette poussière en suspension, la lumière de fin de journée devient vraiment belle. Nous partons donc à la chasse à l’oryx et grâce à une approche particulièrement lente et discrète de Keith nous parvenons à en approcher un à pied à quelques mètres à peine. Le contre-jour est parfait et au prix et en rampant sa silhouette se détache vraiment bien sur ce ciel rougeoyant. 

Namibrand018_211015De retour au lodge nous partageons cette dernière soirée avec Ettienne et Sanet qui nous ont cuisiné une de leur spécialité : feuilleté de bœuf à la cardamome et haricots blancs accompagné d’un petit gratin d’épinards. Au dessert, un hallucinant gâteau au chocolat fondant et crème anglaise comme nous en avions rarement mangé. Nous invitons tout le monde à partager une bouteille de champagne et passons une excellente soirée avec nos hôtes. On rencontre parfois certaines personnes qui n’hésitent pas à vous donner un peu de ce qu’ils sont ; si nous savions déjà que Keith est de ces gens, Sanet et Ettienne Roussow le sont aussi sans aucun doute.

La soirée se termine bien, si ce n’est que Keith semble préoccupé par sa santé. Je pense qu’il a peur d’avoir attrapé la malaria avant notre arrivée en Namibie et décide donc d’en parler avec lui. Nous décidons de faire un arrêt demain en passant dans une ville pour trouver un dispensaire et éventuellement un test de dépistage. Rien ne sert de s’alarmer trop tôt, il peut aussi s’agir d’un coup de fatigue.

24 octobre : En route pour l’Afrique du Sud

Namibrand_matamataCe matin nous quittons Namibrand, il est 6 heures. Après un dernier passage en haut du col qui se situe derrière le lodge pour profiter une fois encore de ce panorama, il est temps de poursuivre notre route. Un grand troupeau d’oryx est rassemblé vers la grille d’entrée de la réserve. Ce lieu nous laissera des souvenirs impérissables. Bien plus que le spectacle visuel, c’est un sentiment étrange qui nous habite, un peu comme si nous avions fait une expérience spirituelle, assez difficile à décrire. Sanet et Ettienne sont les gardiens d’un des derniers Eden sur terre. J’espère qu’ils pourront en prendre soins et que la pluie reviendra bientôt sur ces terres qui en ont grand besoin… 5 ans déjà sans une vraie saison des pluies, le parc n’a pas reverdis depuis 2010.

Nous prenons donc la route de l’Afrique du Sud pour notre dernière étape, le parc transfrontalier du Kgalagadi (KTP). Après quelques heures de route, nous rejoignons la ville de Moriental où nous faisons un rapide arrêt pour remplir le frigo, faire le plein de carburant et changer un peu d’argent. Keith essaye d’aller à l’hôpital pour se faire dépister pour la Malaria mais l’insalubrité des lieux et les cadavres dans le hall d’entrée l’ont rapidement poussé à renoncer. Plutôt suspecter d’avoir la Malaria que d’attraper la mort ici avec certitude.

Arrivés à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec l’Afrique du Sud, nous faisons étape pour la nuit au Kalahari Farmstall, une splendide ferme d’élevage. Une immense chambre climatisée et un restaurant magnifiquement décoré, de quoi passer une dernière soirée confortable avant de rejoindre le Kalahari tented camp, proche du poste frontière de Mata-Mata.

25 octobre : Un début difficile

IMG_6659Après un bon petit déjeuner, en route pour l’Afrique du Sud. Arrivés au poste frontière de Mata Mata, les démarches administratives de sortie pour sortir de Namibie et entrer en Afrique du Sud sont de simples formalités. Nous longeons un peu le lit de la rivière Auob. Il s’agit en fait d’une rivière asséchée depuis de nombreuses années mais dont les abondantes nappes phréatiques souterraines assurent la présence d’une surprenante végétation pour un désert. Après un petit repérage de ce que sera notre terrain de jeu ces prochains jours, je réalise rapidement que si tout est réunis pour offrir des conditions absolument uniques et exceptionnelles, la partie est loin d’être gagnée d’avance. C’est probablement ici qu’il sera le plus compliqué de réaliser de belles images. La distance avec la rivière est parfois importante, les sujets peuvent se trouver très loin et se placer idéalement par rapport à la lumière ne sera pas aisé, la piste n’est pas large. Il faudra que la lumière soit de la partie et la chance aussi.

Nous nous rendons donc au Kalahari tented camp pour y déposer nos affaires. Le camp est joli mais un peu rustique, la vue depuis la chambre donne directement sur la rivière Auob. Le lieu est paisible et la température bat des records, on dépasse allègrement les 45°C !

Après un peu de repos en essayant de se préserver de la chaleur, nous partons en piste pour notre premier game drive. Je réalise alors qu’une autre difficulté va se rajouter ici car chacun peu y conduire son véhicule librement (selon certaines règles). Mais bien entendu nombreux sont ceux qui en profitent pour faire une peu ce qu’ils veulent… un peu n’importe quoi et avec des véhicules pas toujours adaptés à ces pistes très sablonneuses. Nous trouvons rapidement un groupe de quatre lions âgés d’environ 2 ans. Un peu jeunes pour être sans leur horde. Un des mâle semble particulièrement affaiblit et maigre. 

Au soleil couchant nous trouvons quelques girafes qui se déplacent gracieusement vers le haut d’une dune à contre-jour, un joli spectacle que ces silhouettes qui dansent avec grâce sur fond de ciel orangé. De retour au camp, Keith nous prépare de magnifiques tortillas, la température retombe lentement et devient tout à fait agréable la nuit tombée.

26 octobre : Un gros coup de chaud

Kglagadi0168_261015Cette nuit nous avons entendu deux lions rugir un long moment très près du camp. Au moment de partir à 6h, Keith nous montre leurs empruntes énormes… ils sont passés à moins de cinq mètre de la tente! Nous les retrouvons assez vite à moins d’un kilomètre du camp mais ils sont malheureusement loin de la piste. Peu de temps après, nous observons enfin nos premiers guépards ! Plus de trois semaines que nous sommes sur la piste et je commençais à me demander si nous finirions par en trouver? Mais voilà enfin ces deux jeunes frères sur une dune qui surplombe le lit de la rivière. Ils surveillent avec attention un petit groupe de hyènes ainsi qu’une lionne qui profite de l’ombre d’un arbre en contrebas.

Depuis hier la roue arrière droite du 4×4 grince de manière étrange. De retour au camp Keith décide donc de la changer en pensant que le pneu était endommagé mais il n’avait rien, c’était en fait un des boulons qui tient la roue en place était cassé. En soulevant la voiture, de près de 3 tonnes, le crique a glissé à deux reprises. Il aura fallu à Keith plus d’une heure trente pour réparer la réparer, sous un soleil de plomb en plein zénith. Les efforts consentis ont laissés des traces, Keith a probablement frôlé l’insolation et semble victime d’un gros coup de chaud ainsi que de déshydratation. Mais après un peu de repos, son tempérament de battant prend le dessus et nous retournons en piste vers 15h30. Malheureusement cet après-midi est bien désertique.

Kglagadi0227_271015En fin de journée, une belle opportunité de photographier quelques girafes se présente même si des nuages sur l’horizon nous gâchent un peu le spectacle de la lumière que nous espérions avoir ce soir. Quelle frustration, le potentiel semble vraiment immense mais la part de chance nécessaire pour que tous les paramètres soient réunis est vraiment important, bien plus qu’ailleurs! Et ici, cette chance n’est pas de notre côté pour le moment. Mais nous prenons notre mal en patience… la chance finira par tourner.

Kglagadi0218_261015Nous rentrons au camp à 19 heures tapante à cause des règles du parc alors que la pleine lune se levait. Une fois encore, pour quelques minutes, les choses nous échappent. En arrivant au camp, Keith nous prépare un magnifique plat de spaghettis au thon mais la frustration qui nous habite est palpable. Etrange mélange de sentiments que de voir un lieu au potentiel si grand et d’avoir l’impression que le meilleur nous glisse entre les doigts.

27 octobre : Prémices de lumière

Kglagadi0355_271015Retour sur la piste pied au planché à 5h50! Pas de nuages sur l’horizon, peut-être donc l’occasion ou jamais de réaliser quelques images faites de lumière et de poussière! Nous trouvons rapidement quelques springboks et oryx, puis une magnifique girafe dans une lumière à contre-jour absolument incroyable! Nous réalisons une fois de plus à quel point les belles observations ici ont une part de chance bien plus importante encore que n’importe où ailleurs; le bon endroit, le bon moment (à la minute près), la lumière, la poussière, le sujet, le parfait placement de la voiture… tant d’éléments à réunir pour réaliser quelques belles photos… ! Nous poursuivons ensuite cette sortie sur les traces d’un lion qui semble vraiment imposant mais que nous ne le trouvons pas et retournons au camp vers 9 heures pour le petit-déjeuner.

Kglagadi0494_271015Après quelques heures de repos et d’attente durant lesquelles nous essayons de nous protéger au mieux de la chaleur accablante et du soleil de plomb, nous retournons en piste. Mais alors que le ciel était parfaitement dégagé ce matin, la nébulosité n’a cessé d’augmenter au fil de la journée, ce soir le ciel est complètement couvert. Durant cette sortie, nous essuyons deux belles averses et un gros orage passe au loin. En fin de journée, nous trouvons quatre magnifiques guépards, des frères. Kglagadi0562_271015Ils sont détendus et marchent le long du lit de la rivière Auob. D’après leurs estomacs il semble que leur dernier repas n’est pas bien vieux. Nous passons un bon moment avec eux. Nous n’en avons vu que très peu et c’est un tel plaisir de trouver une si jolie fratrie. Puis, la nuit tombant, nous retournons au camp. Autant la journée d’hier a été un peu frustrante, aujourd’hui fût riche en belles rencontres. Comme tous les soirs ici, nous nous endormons au cri des geckos aboyeurs et rugissement des lions.

28 octobre : Explosion de lumière

Matamata-NossobEn piste de bonheur ce matin, après avoir chargé la voiture. C’est notre dernière sortie ici et nous quittons le camp pour rejoindre Nossob, notre prochaine étape. Pour cette dernière sortie le ciel est dégagé et si nous avons un peu de chance nous trouverons de quoi réaliser quelques belles images. Peu de temps après avoir quitté le camp nous trouvons un groupe d’oryx particulièrement agité dans le lit de la rivière Auob. La lumière, diffusée par la poussière, est indescriptible nous n’avons jamais vu un tel spectacle ! Je découvre enfin cette lumière si particulière dont Keith m’a parlé maintes fois et je comprends mieux l’enthousiasme dont il faisait preuve en m’en parlant. Cela semble irréel.

Kglagadi0630_281015Soudain, trois lionnes surgissent de derrière un arbre et se rendent, chacune à leur tour, à un petit point d’eau non loin des oryx… l’instant ne se raconte pas, il ne se décrit pas, il est magique! On voudrait que jamais il ne se terminent mais ces moments sont aussi précieux que furtifs. Kglagadi0611_281015Nous reprenons ensuite la piste et après une petite pause rusks et cappuccino. Nous parcourons les 165km de piste qui nous séparent de notre prochain et dernier camp le long de la rivière Nossob. En arrivant, nous prenons possession de notre petite maison au Nossob rest camp: confortable, cuisine équipée, climatisation… tout ce qu’il faut!

En fin d’après-midi nous prenons la piste en direction du Nord. A une trentaine de kilomètres, nous trouvons une joli groupe de lions composé de 5 femelles et un mâle. Ils sont magnifiques et imposant, une des caractéristique des lions du Kalahari. Kglagadi0819_281015Comme souvent avec les lions, ils se reposent à l’ombre d’un arbre. Il faut dire qu’avec plus de 40°C, personne n’a trop envie de bouger. Au bout d’un moment, deux femelles viennent se coucher à l’ombre de notre 4×4… on pourrait presque les toucher mais évitons pourtant de passer les bras à l’extérieur du véhicule. Deux d’entre elles vont laper un peu d’eau dans une petite flaque mais leur activité se limitera à ces quelques pas au soleil.

De retour au camp, nous profitons d’un bon repas préparé par Keith sur la petite terrasse de la maison. La lune se lève et deux lions rugissent non loin de la clôture… quelle ambiance de rêve, on se croirait dans un film.

29 octobre : Un dernier léopard

Kglagadi0975_291015Ce matin nous prenons la piste en direction du Sud. Une hyène tachetée, quelques springboks et autres gnous plus tard, nous arrivons à un point d’eau où se trouvent de nombreux oryx… et une magnifique femelle léopard. La chance semble vraiment avec nous. Elle passe un bon moment à s’abreuver au point d’eau avant de repartir pour grimper dans un arbre puis en redescendre et revenir au point d’eau. Une belle et longue observation.

IMG_6311Un peu plus loin nous trouvons quelques lions auxquels nous tenons compagnie le temps d’un cappuccino, puis nous retournons au camp. Il est environ 9 heures et il fait déjà plus de 35°C !

Après le petit déjeuner, Katia et moi nous rendons à l’affût dont dispose le camp. Un grand groupe de gnous arrive pour se désaltérer au point d’eau qui nous fait face. La nervosité des gnous et la poussière qu’ils soulèvent sont spectaculaires! Bien que leur vie sociale paraisse un peu anarchique il semble néanmoins qu’une certaine hiérarchie s’installe au moment de boire. Coups de cornes et sabots sont assurés à celui qui tenterait de ne pas respecter ces règles.

Alors que dans certaines régions d’Afrique la faune bénéficie de conditions presque idéales toute l’année tel que dans le Delta de l’Okavango ou le long de la rivière Chobe par exemple, ici c’est tout le contraire. Tout n’est que désert et poussière et chaque jour semble un combat pour la survie.

Kglagadi0916_281015En fin d’après-midi nous repartons pour le dernier game drive et changeons de stratégie. Plutôt que de chercher un sujet, nous allons nous placer non loin d’un point d’eau au Nord du camp et attendre de voir ce qui y viendra, un verre de Gin & Tonic à la main. Mais finalement rien ne viendra hormis deux ou trois chacals.

De retour au camp, un plat de spaghettis et quelques nachos et guacamole pour dernier repas et puis vient le moment de tout ranger. Demain nous aurons 7 heures de route pour rejoindre la ville de Kuruman, dernière étape sur le long chemin du retour vers Johannesburg.

 30 octobre : Bouquet final

nossob-kurumanIl est 5h45, la voiture est chargée et nous sommes prêts à quitter notre dernier camp. Voilà un mois que nous sommes sur les pistes, l’heure de rentrer arrive et l’émotion est palpable dans la voiture. Etant donné qu’il y a encore un bout de piste avant de sortir de la réserve au poste frontière de Twee River, nous gardons le matériel photo sous la main. Mais avec 700km à parcourir aujourd’hui nous n’aurons probablement pas le temps de faire de longs arrêts.

Kglagadi1339_301015A peine 10 minutes après avoir quitté le camp, nous trouvons un magnifique groupe de 16 lions. Ils ont tué un gros oryx quelques heures plus tôt. La lumière est parfaite! Nous profitons de les observer et photographier une bonne heure durant. Quel magnifique cadeau de départ !

Kglagadi1281_301015Plus loin sur la piste, en arrivant non loin de la sortie de la réserve, à la jonction des rivières Auob et Nossob, nous trouvons encore quelques lions. Nous ne les espérions plus mais voilà que ces magnifiques mâles à crinière noire typique de cette région sont là ! Ils sont sur la carcasse d’un énorme élan, probablement tué la veille au soir et dont il ne reste plus grand chose. La route est encore longue et nous ne pouvons plus trop nous attarder, nous reprenons donc la piste assez rapidement. Il ne reste plus que quelques kilomètres avant de rejoindre la sortie de la réserve et voilà encore quelques lions observés le long de la piste. Pas moins de 33 lions observés en moins de 4h ce matin c’est près de la moitié du nombre total de lions observés en un mois ! Encore un peu plus loin, une dernière espèce que nous n’avions jamais observé jusqu’ici, les Suricates. Ils sont un petit groupe à s’agiter entre les buissons. Cette matinée aura été pleine de surprises et d’émotions.

A la sortie du parc, nous prenons la route d’Upington que nous rejoignons en début d’après-midi. Keith nous offre un dernier repas dans un immense centre commercial qui, comme tout le pays, subit de fréquentes coupures d’électricité. Nous voilà donc revenu à la civilisation… quel sentiment étrange. Il est environ 17 heures lorsque nous arrivons à Kuruman, ville minière peu accueillante. Nous y faisons étape dans un charmant B&B à l’extérieur de la ville. Demain, il ne nous restera plus que 600km à parcourir pour boucler la boucle et rejoindre Johannesburg.

 31 octobre : Dernière ligne droite

Kuruman-JohanesAprès une bonne nuit de repos et un excellent dernier petit-déjeuner, nous reprenons la route vers 8 heures. Route sans histoire et un peu plus calme que d’habitude dans la voiture. Il semble évident que chacun préfère se perdre dans ses pensées et revivre tous les moments incroyables du mois qui vient de s’écouler plutôt que de parler. Tant de moments indescriptibles, privilégiés, d’émotions intenses et d’observations magnifiques depuis un mois que nous sommes sur la piste… Dans ma tête se mélangent tous ces lieux visités, la vie sauvage, les images et la force de ces instants que la nature nous a offert. Il n’y aura pas de mots pour décrire ou qualifier ce voyage tant ce fût une réussite à tous les niveaux. 

Les long des derniers 600km nous prenons la route du Trésor et l’autoroute de l’Or qui traversent ces régions aux mines d’or et de diamant parmi les plus profondes du monde. Les miniers descendent ici jusqu’à 4km sous terre pour extraire les richesse que le sol contient.

Nous arrivons comme prévu à l’aéroport O.R. Tambo vers 13h30, notre vol décolle à 20h30. Les au revoir avec notre ami Keith sont chargés d’émotions, nous avons tant partagé durant le mois qui vient de s’écouler. Comment lui témoigner notre gratitude pour tout ce qu’il a fait pour que ce voyage soit une telle réussite? Il s’est surpassé pendant ces trente jours, les heures passées à conduire, guider, chercher, gérer la logistique… il a été aux petits soins avec nous et nous étions loin d’en attendre autant de lui. Après l’enregistrement des bagages, petite séance shopping dans les allées de l’aéroport : café, statuette et bijou… histoire d’achever la carte de crédit.

L’embarquement se déroule sans problème et notre A380 décolle comme prévu à 20h20 en direction de Londres. Mais cette fois-ci obligé d’essayer de dormir quelques heures. Alors en souvenir de nos nombreux apéros dans la brousse j’accompagne mon Stilnox d’un double Gin & Tonic. Réveillé à 4 heures du matin par Katia qui voulait savoir l’heure alors que ma montre était sous son nez, j’en profite pour écrire ces dernières lignes. Vivement que la correspondance à Londres soit passée… je n’avais pas envie de voir se voyage se terminer mais maintenant que je suis dans l’avion je n’ai qu’une hâte… retrouver mon « home sweet home ». 

Pour découvrir une sélection des plus belles photos prises lors de ce voyage, rendez-vous dans la galerie photo : http://www.bricephoto.ch

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3 réponses sur “Ultimate Africa 2015 : Journal de bord”

  1. Tu nous avais promis monts et merveilles, et bien c’est le cas, ton récit est haletant, ta narration est envoûtante, nous sommes avec toi, et puis ces lumières c’est magique, la préparation a été longue, mais elle porte ses fruits, les images que tu nous proposes sont dignes des plus grand photographes. Tu mérites largement une publication dans la presse pour ce séjour et pour ces photos. Tu nous fais rêver et cela n’as pas de prix. Merci Brice.

    1. Salut Laurent,
      je ne sais pas ce que j’avais promis… j’espère que les attentes n’étaient pas trop élevées non plus. Je n’aime pas du tout l’idée de prétendre à quoi que ce soit, si ce n’est au plaisir de partager ma passion.
      Mais connaissant ton amour de la photographie et ton talent, je dois dire que tes compliments me touchent beaucoup, c’est encourageant! C’est pour ce genre de partage que j’aime tellement ça.
      En ce qui concerne la publication dans la presse… un jour peut-être je tenterai à nouveau ma chance. Mais je me suis laissé gâcher mon plaisir en me cassant les dents par le passé et tu sais ce qu’on dit… Chat échaudé craint l’eau froide.
      Tant que je ne soumets à aucun magazine ou aucun concours j’ai au moins le plaisir de ne pas être déçu. Je le fais pour moi et pour le plaisir du partage avec ceux qui ont envie de se laisser emporter.
      Amitiés
      Brice

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