Mars 2017 : Paysages et lumières de Norvège

Voici comment bien commencer une nouvelle année… partir à la recherche des aurores boréales et magnifiques paysages du Nord de la Norvège par-delà le 69° de latitude Nord…

Samedi 28 janvier : Le départ

Nos guides sont déjà sur place depuis hier, à nous donc de rejoindre l’équipe de Mountainlight. Départ depuis Genève à 11h00 en direction de Tromsø avec des escales à Zurich puis Olso. Les vols sont à l’heure et le voyage se déroule à merveille, arrivée à destination comme prévu à 20h50. Nous passerons la première nuit en chalet au camping de Tromsø où nous retrouvons les autres membres de notre petite équipe, avec qui nous partagerons la semaine à venir.

Dimanche 29 janvier : Sur la route de Senja

Ce matin, départ à 5h du matin en minibus pour l’île de Senja et notre nouveau logement à Senjahopen, le Mefjord Brygge que nous rejoignons après environ 4h de route. De magnifiques appartements, type chalet, avec vue sur le fjord… à peine arrivés et que l’on s’imaginerait volontiers y rester toute la vie. Le fjord est magnifique et donne directement sur le célèbre pic rocheux nommé Segla.

Pas le temps de badiner… notre guide Hella Martens, naturaliste diplômée en biologie marine nous attend pour embarquer pour notre première sortie en bateau à la recherche des quelques orques et baleines à bosse qui sont encore dans la région. C’est un peu la fin de la période de migration et la plupart des individus sont déjà repartis mais il en reste apparemment quelques-uns dans la région. Nous espérons donc pouvoir les observer et bien entendu les photographier.

Tout ceci c’était sans compter la petite tempête qui nous attendait en mer, la forte houle et un mal de mer insurmontable que je me suis découvert lors de ce séjour.

Difficile de profiter des paysages de montagne et des orques qui passent furtivement près de notre bateau quand on ne peut pas se lever et regarder autre chose que ses pieds… c’est vraiment dommage car l’ambiance était magnifique avec tous ces sommets qui se perdaient dans la brume tout autour de nous, je n’ai pu que peu en profiter.

A notre retour sur terre, la météo ne s’arrange guère. Nous sommes contrait d’annuler la randonnée qui était prévue pour aller voir le pic de Segla à cause du manque de visibilité et des risques importants d’avalanche. Et le soir venu, le ciel étant toujours aussi chargé, aucune chance non plus de profiter des aurores boréales. Il ne reste qu’à espérer que malgré les prévisions météo peu réjouissantes pour les prochains jours, les conditions s’améliore vraiment.

Lundi 30 janvier : Aurora Borealis

Ce matin c’est grasse matinée, on ne se lève qu’à 7h30. De toute façon sous ces latitudes et à cette saison, le jour ne se lève qu’à 9h30 et à 16h00 il fait nuit noir!

La météo ce matin n’est guère meilleure que la veille. Nous devons donc renoncer à sortir en mer ce matin, impossible de naviguer ou d’observer quoi que ce soit dans ces conditions.

Nous partons donc en voiture à la découverte de ces magnifiques fjords et à la recherche de beaux paysages pour quelques photographies. Nous découvrons tout d’abord un magnifique lac bleu turquoise perdu au milieu de la blancheur omniprésente. Les teintes de ce lac semblent irréel mais sont en fait dues au réchauffement du lac qui, après une période de gel importante, prend une couleur bleue qui tranche avec la blancheur environnante. Ce phénomène est lié à la pellicule d’eau qui recouvre alors la glace. Les Samis, le peuple vivant en Laponie, appellent soatma cette glace ou neige fondante sur l’eau d’une rivière ou d’un lac, il figure aux côtés de centaines d’autres termes sami pour décrire la neige et la glace.

Puis au fil de la route, nous découvrons de plus en plus de paysages magnifiques, d’une blancheur immaculée. Et au fond de quelques fjords, l’opportunité de profiter de panorama absolument somptueux!

De retour au chalet pour un bon repas chaud, le ciel est toujours couvert et la neige continue de tomber. Mais alors que nos espoirs de photographier les aurores ce soir semblaient à nouveau s’évanouir, une voix se fit soudain entendre proche de la fenêtre : « Regardez dehors, le ciel se dégage on voit une aurore boréale!! » Ni une ni deux, nous remettons les habits chauds et embarquons pour un fjord grandiose non loin du chalet qui donne directement sur les pics rocheux de « Devils Jaws ». Le ciel d’abord partiellement couvert finit par se dégager et là… il ne m’a pas fallu longtemps pour voir arriver ce que je savais depuis longtemps déjà tant je les avais rêvées… les larmes de bonheur de bonheur d’avoir le privilège de pouvoir m’émerveiller devant ce spectacle indescriptible. Elles sont vertes, par moment légèrement teintées de rouge. Elles apparaissent et disparaissent, dansent avec grâce au-dessus du fjord dans un silence que seul le bruit des vagues sur les rochers ne peut briser. Ce soir là, nous avons passé près de 2 heures à contempler l’un des phénomène naturel les plus irréel que je n’aie jamais vu.

Ce soir là, de retour au chalet, seul dans ma chambre, ces images ont défilé dans ma tête presque toute la nuit…

Mardi 1er février : Sombre héro de la mer

Ce matin, après le petit-déjeuner nous reprenons la mer à la recherche de la faune marine. Malheureusement la mer n’est guère plus calme que dimanche et à nouveau le mal de mer finit par rapidement me scotcher sur le banc à l’arrière du bateau. Mais quelques orques sont repérés et dans un élan de désespoir je me suis levé quelques secondes pour tenter l’impossible, prendre quelques images des orques, si proche de nous… le temps de faire la mise au point et de prendre trois photos il n’était déjà plus possible de rester debout.

J’ai encore essayé de prendre quelques photos de ces paysages si grandioses autour de nous au fil de notre sortie mais mon mal de mer a rendu cette tâche presque impossible. D’autant que ce matin, non seulement le vent mais la pluie, la neige et la grêle nous ont accompagnés pendant nos 3 heures de navigation.

De retour à terre, le temps de manger un sandwich et d’assister à la victoire de Reoger Federer à l’Open d’Australie puis nous prenons la route pour notre prochaine étape qui nous rapprochera un peu de Tromsø, direction Mobakken.

2h30 de route sans histoire malgré de violentes chutes de neige. Nous croisons les doigts pour ce soir, car si le ciel est particulièrement couvert, les prévisions d’intensité pour les aurores sont plutôt bons.

Vers 22h, le ciel semble se dégager enfin et les nuages encore bien présents sont clairement teintés de vert ce qui indique que derrière les nuages, le spectacle a commencé. Nous partons donc à la recherche d’un spot sympa dans les terres pour profiter de cette soirée et prendre de nouvelles photos. Le site retenu n’a pas la beauté du fjord mais le spectacle est bien présent et admirer les aurores qui sont juste au-dessus de nos têtes allongés dans la neige a quelque chose de vraiment magique! Quel bonheur!!

Mercredi 2 février : La randonnée

Après le petit déjeuner départ pour une randonnée en raquettes au pied du mont Piggtinden, 2h30 de montée face à un vent glacial mais dans une superbe ambiance Oû le blanc de mêle au blanc. Au bout de la montée, nous avons trouvé un petit abris dans le lit d’une rivière enneigée.Idéal pour le temps d’un petit picnic avant de redescendre et de revenir au chalet pour terminer l’après-midi et se reposer un peu. Ce soir le ciel est couvert dans toute la région pas de nouvelle sortie aux aurores. Jusqu’ici nous n’avons eu qu’un seul soir vraiment dégagé alors nous espérons toujours avoir de beaux ciels clairs pour la fin du séjour. Nous ne sommes clairement pas rassasiés de ce spectacle.

Jeudi 3 février : Dans les fjords

Aujourd’hui nous avons parcouru les fjords et rivières de la région, à la recherche de différents spots photo. Une belle rivière aux pieds des montagnes, un fjord au reflets magiques puis un autre non loin de là où l’eau était presque entièrement gelée nous ont offert de magnifiques panoramas et la possibilité de réaliser quelques belles images.

En fin de journée sur la route de retour en direction du chalet, un détail ne nous a pas échappé… le ciel offrait une belle clarté, promesse de contemplations à venir… Vers 20h les aurores ont commencé à apparaître, nous sommes ressortis sans attendre en direction d’un fjord visité pendant la journée. Et ce soir, nous avons pu nous en mettre plein les yeux et le cœur, quelle soirée magique!

Vendredi 4 février : Dernier jour

Ce matin nous prenons la route de Kvaløya à la découverte de nouveaux paysages. C’est avec plaisir que nous trouvons quelques rennes que nous n’espérions plus vraiment. Le ciel est complètement dégagé depuis le levé du jour, c’est la première fois depuis que nous somme ici. La température a également bien chuté, il fait -7ºC. En fin de journée, alors que la nuit est déjà tombée sur Tromsø, nous profitons de nous arrêter au pied de la cathédrale arctique dont l’éclairage permet de réaliser quelques photos un peu différentes de ce que nous avons fait jusqu’ici. Puis nous reprenons la route de notre chalet pour la dernière nuit.A peine arrivés que le ciel, toujours aussi dégagé, nous permet de découvrir de superbes aurores boréales. Nous repartons donc presque immédiatement en direction des fjords pour profiter une dernière fois de ces moments si majestueux. La température est proche de -15ºC et cela se ressent vraiment en étant statique dans le fjord. Mais tout n’est qu’enchantement ce soir, ces aurores ont un peu un goût de bouquet final! Je pense qu’il est impossible de rester insensible à tant de beauté ou de s’en lasser… 

Samedi : Le retour

Réveil particulièrement tôt ce matin nous étions debout à 4h30. Le temps de fermer les bagages et charger le véhicule pour quitter le chalet une heure plus tard direction l’aéroport de Tromsø. Nos guides doivent reprendre un vol pour Oslo tôt dans la matinée. Avec quelques membres de notre groupe, nous profitons de la matinée pour retourner en ville avec les transports en commun, le temps de partager un dernier moment ensemble autour des merveilleux souvenirs de cette semaine et d’un excellent brunch. A 13h nous avons embarqué pour Oslo puis Genève où nous sommes arrivés sans encombre à 19h30. 

Il ne reste plus qu’à sauvegarder toutes ces images, en faire le tri et se mettre au travail… en attendant de nouvelles aventures.

Quelques mots au sujet des aurores boréales :

Étymologie 

Le mot « Aurore » provient de la mythologie romaine : Aurore était la déesse de l’aube. Les aurores polaires se manifestent aux deux pôles magnétiques de la Terre – les aurores boréales au Pôle Nord et les aurores australes au Pôle Sud. 

Légendes des aurores 

Dans les pays nordiques aussi bien qu’en Nouvelle-Zélande et en Chine, la tradition regorge de croyances et de légendes à ce propos; les aurores sont associées à la mort, elles étaient vues comme le reflet des guerriers célestes, des dragons crachant du feu ou encore, elles représentaient les personnes décédées.  

Les aurores, un phénomène naturel 

C’est le soleil, l’étoile la plus rapprochée de la Terre, qui est à l’origine des aurores. Sa surface émet en permanence des particules de vitesses supersoniques, dans toutes les directions. On appelle cette émission le « vent solaire ». Il souffle à des vitesses d’entre 250km et 1000km par seconde ! Les particules émises sont des protons, électrons et ions. Après 2 à 4 jours, le vent solaire entre en contact avec la Terre. 

Le champ magnétique terrestre est un bouclier naturel très efficace, car il protège la Terre des arrivages des particules solaires. Cette magnétosphère est en revanche déformée par le vent solaire qui comprime le champ magnétique terrestre. Les particules du vent solaire ne pouvant ainsi traverser les lignes de champs magnétiques, elles les suivent alors au Nord et au Sud vers les pôles magnétiques.

Dans les régions polaires, les lignes et champs magnétiques sont « ouvertes » (verticale par rapport à la surface de la Terre) et permettent ainsi aux particules d’entrer dans la haute atmosphère, l’ionosphère. Et dans l’ionosphère, elles entrent en collisions avec les atomes atmosphériques (principalement oxygène, hydrogène, azote), et les excitent ou ionisent. Après quelques millisecondes, elles reviennent à leur état fondamental en émettant de la lumière. Les aurores polaires sont donc les lumières issues de la collision.

Les aurores polaires se produisent à des altitudes de 90km et au-delà jusqu’à 1000km. La plupart se retrouvant entre 90km et 150km. Les trois couleurs que nos yeux perçoivent le mieux sont le vert, le rouge puis le bleu. Les atomes d’oxygène qui sont excités à environ 120km d’altitude émettent la couleur verte, la plus éclatante et la plus fréquente. Plus haut, au-delà de 250km, ils émettent une lumière rouge. Lorsque les atomes d’azote sont excités, les lumières sont violettes, roses ou rouges.

La vitesse du vent solaire augmente et frappe le champ magnétique terrestre avec force et rafales, plus l’ovale devient large et plus il s’étend, et les aurores vont s’amplifier, se déplacer et éclairer les latitudes moyennes et basses. On peut ainsi voir de temps en temps les aurores en France, quand l’activité solaire est très forte. L’armée de Napoléon en a vu en Égypte… Le vent solaire souffle tout le temps et les aurores également sont présentes tout le temps, aussi de jour, mais elles ne pourront être observées que lorsqu’il fait sombre. Plusieurs sites de météo spatiale nous informent sur les vents solaires, nous donnant des vitesses et densités : il est ainsi possible de prévoir quand et où on peut voir les aurores.

L’activité solaire n’est pas constante. D’étonnantes statistiques révèlent un cycle de 11 ans. Durant le maximum solaire, les régions actives sur le soleil sont grosses et produisent des éruptions nombreuses et importantes. La vitesse du vent solaire est alors plus grande, et beaucoup de particules sont soufflées. Visuellement, le nombre de taches solaires permet d’estimer l’activité solaire, et on sait ainsi qu’on a eu un maximum d’activité solaire entre 2012 et 2014.

Où peut-on observer des aurores boréales ?

Vous n’avez que l’embarras du choix. Vous pourrez admirer ces magnifiques vagues lumineuses de la Laponie à l’Islande, en passant par le Canada, l’Alaska et la Russie. 

Pour partir à la découverte de ces phénomènes célestes, Grands Espaces vous propose des voyages inoubliables en Laponie, en Alaska et sur la Côte Nord-Est du Groenland…

 Paysages Norvégiens  

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