Mai 2016 : Les fantômes du Dovrefjell

NorwayPartir à la recherche des bœufs musqués (Ovibos moschatus) du Dovrefjell, une magnifique région de hauts-plateaux en Norvège, c’est faire un saut dans le passé de quelques milliers d’années. Accompagné de cinq personnes (dont deux guides), nous sommes partis pour une petite semaine de bivouac à la recherche de ces vestiges du passé pendant cette saison où tout n’est que froid, neige et glace. Grâce à la parfaite connaissance du terrain de nos deux guides, Sylvain Dussans et Patrick Delieutraz, cofondateurs de Mountainlight.fr, nous avons pu vivre une expérience unique en immersion complète à la recherche de ces géants venus du froid.

IMG_7114Chausser les raquettes, harnacher la pulkka et nous voilà en route pour les hauts plateaux, les étendues immenses et montagnes majestueuses du Dovrefjell. Les conditions hivernales peuvent être rudes dans cette région exposée aux vents violents et située entre 1000m et 1500m d’altitude.

Après deux nuitées en chalet aux portes du Dovrefjell, nous sommes donc partis, pour quelques jours de bivouac, à l’assaut des hauts plateaux du parc national et à la recherche de la faune locale. Des étendues enneigées à perte de vue, des paysages à couper le souffle et une température qui a progressivement diminué pour passer de +2°C à -25°C au fil des jours. Nous avons eu la chance de rencontrer des conditions météorologiques variables et donc des ambiances très différentes, typiques de cette région.

Dovrefjell089_090216Chaque matin, nous partions à la recherche de la faune locale, notamment les bœufs musqués, que nous avons trouvé chaque jour à l’issu de marches plus ou moins longues et exigeantes, notamment lorsqu’il s’agit de tracter la pulkka dans la neige poudreuse, lors de l’ascension d’un col ou encore avec un fort vent de face. Mais affronter la nature en l’approchant avec respect et humilité, c’est aussi la meilleure façon d’apprendre à la découvrir et à la comprendre. C’est aussi une expérience qui m’a permis d’en apprendre plus sur moi-même. Sur les limites que je pensais ne pas pouvoir dépasser et sur les ressources dont je ne pensais pas disposer. Car au bout du compte l’essentiel est bien là; ce ne sont pas les limites et les performances des autres qu’il faut chercher à atteindre et à dépasser, mais bien ses propres limites. Avancer, progresser et se dépasser quoi qu’il arrive, serrer les dents si nécessaire jusqu’à atteindre le but fixé.

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Grâce notamment à la parfaite organisation et aux excellentes connaissances du terrain de nos deux guides, nous avons pu profiter de ce séjour dans des condition optimales. Dovrefjell255_110216L’intégralité du récit de ce séjour est disponible dans la rubrique « Récits de voyages » de mon site. Un grand merci à mes camarades d’expédition Olivier, Dominique et Christophe ainsi qu’à nos guides Sylvain et Patrick. Ce fût un réel plaisir de partager cette aventure avec vous tous!

Quelques mots au sujet des boeufs musqués

Dovrefjell025_070216Afin de les réintroduire dans cette région d’où ils avaient depuis longtemps disparu, des individus ont été prélevés au Groenland entre les deux premières guerres mondiales. Mais la population a été complètement exterminée lors de la seconde guerre mondiale à cause de la chasse. Une nouvelle tentative a alors été réalisée dans les années 1950 et la population aujourd’hui présente en Norvège, composée d’environ 200 individus, date de cette époque. Depuis, la réintroduction a été réalisée dans plusieurs autres pays au climat propice On le retrouve donc aujourd’hui dans le Nord du Canada, au Groenland, en Alaska et également en Russie. Car il ne faut pas se fier à son apparence robuste, le bœuf musqué est un animal fragile qui ne supporte pas beaucoup les variations climatiques. Il a besoin de froid et d’un air plutôt sec. Plusieurs dizaines d’individus sont d’ailleurs morts il y a quelques années suite à un été trop chaud, victimes d’une infection pulmonaire.

Dovrefjell077_090216Malgré sa ressemblance avec les bovins (qui lui vaut son nom dans plusieurs langues), c’est en fait un capriné aberrant, proche des souches primitives  de l’Asie tropicale et subtropicale et de la chèvre des montagnes rocheuses de l’Ouest américain. Le bœuf musqué est un animal massif protégé par une longue toison très isolante mais sa laine est plus fine que le cachemire. Les cornes sont en forme de crochet s’incurvant d’abord vers le bas pour se terminer en pointe acérée vers le haut. Celles des mâles sont massives et jointives à leur base, recouvrant le dessus de la tête alors qu’une bande de pelage sépare celles des femelles.

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Au garrot il mesure 1m40 en moyenne pour une longueur de 2m50. A l’âge adulte le poids moyen des mâles est de 315kg et celui des femelles de 215kg. Lors des affrontements entre mâles, la force de frappe lors de l’impact entre leurs têtes est estimée à environ 950kg, ce qui génère un son sourd perceptible à plusieurs dizaines de mètres.

Les plus belles photos de cette incroyable aventure sont disponibles sur mon site en cliquant sur le lien suivant : 

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Une pensée sur “Mai 2016 : Les fantômes du Dovrefjell”

  1. Que dire mon ami Brice… simplement tu te fais le témoin de cette Nature que l’Homme est en train de faire évoluer vers le bas… vers son annihilation … merci de tout coeur pour ce partage plein d’espoir tout de même car se sont les photographes naturalistes tel que toi qui peuvent nous faire réagir quant à la survivance de la faune.
    Christophe et Corinne

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